Retour sur la table ronde du Franco-British Business Club : Quelle attitude adopter face au Brexit ?

The Franco-British Business Club :

Quelle attitude adopter face au Brexit « On en parle » ?

Table ronde du 18/03/2019

Facilitateurs :

Direction régionale des douanes de Bretagne =>Philippe BONNAFOUS, Responsable du pôle d’action économique

Réseau EEN Ouest (Entreprise Europe Network) =>Adeline JACOB, Conseillère d’entreprises EEN Réglementation & Normes Européennes

Franco British Chamber =>Brian MURPHY, Représentant en Bretagne

Résumé de la soirée : 

A 11 jours de la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union Européenne et à la veille d’un nouveau vote de l’accord BREXIT de Madame MAY au parlement britannique, les membres du Franco-British Business Club se sont retrouvés au World Trade Center Rennes Bretagne afin d’échanger sur le BREXIT : les scenarios envisageables, les changements en termes douaniers, les opportunités qui en découleraient pour les entreprises etc…

Rappelons tout d’abord que le Royaume-Uni est le 5ème partenaire commercial de la Bretagne. Les exportations bretonnes vers le Royaume-Uni sont de l’ordre de 819 millions d’euros alors que les importations britanniques représentent 484 millions d’euros. La balance est donc excédentaire à hauteur de 335 millions d’euros.

 « S’agissant du résultat des négociations, nous sommes encore dans l’incertitude et il est difficile de préjuger la suite. Nous nous préparons donc à une hypothèse de no deal. […]

Philippe BONNAFOUS, Direction Régionale des Douanes de Bretagne

« S’agissant du résultat des négociations, nous sommes encore dans l’incertitude et il est difficile de préjuger la suite. Nous nous préparons donc à une hypothèse de no deal. […] Pour les opérateurs il est essentiel d’anticiper dans de bonnes conditions en ayant notamment une vue précise de leurs flux logistiques : identification des points de départ, d’arrivée ainsi que les points frontière et les vecteurs de transport. La  connaissance et la maîtrise des incoterms sont également essentielles. Une attention particulière doit être portée au transport en groupage et au transport du fret express ou postal »souligne, Philippe BONNAFOUS, Responsable du pôle d’action économique à la Direction régionale des douanes de Bretagne, en guise d’introduction. Monsieur BONNAFOUS précise aussi que parmi les questions à se poser, celle du cas des marchandises spécifiques telles que les animaux et produits d’origine animale est essentielle. En effet, les contrôles sanitaires et phytosanitaires sont obligatoires et systématiques au premier point d’entrée dans l’Union européenne. Ceux-ci sont à faire avant toute formalité douanière. Une opération d’importation non préparée peut donc avoir des conséquences en termes de fluidité logistique.

 

Une opération d’importation non préparée peut donc avoir des conséquences en termes de fluidité logistique.

Certains membres du club ont de réelles craintes que le BREXIT provoque des dommages collatéraux dans leurs entreprises et se préparent donc à changer leur fonctionnement d’import/export vers le Royaume-Uni.

Pour ce qui est des formalités douanières, bien que compliquées et chronophages dans leurs mises en place, il sera possible de les anticiper et de les remplir numériquement. L’exportateur ou l’importateur doit s’interroger en amont sur le choix d’accomplissement de ces formalités, soit en interne soit par l’intermédiaire d’un représentant en douane enregistré (RDE).

Le système de frontière intelligente « SI Brexit », basé sur l’anticipation des déclarations d’importation, d’exportation et de transit, permettra une fluidité des échanges avec le Royaume-Uni.

Il est également essentiel de choisir le moment du dédouanement, soit à la frontière soit à l’intérieur du territoire au besoin directement dans les locaux de l’entreprise. Le transit permet de fluidifier le passage à la frontière, en le simplifiant. Il est donc conseillé.

Les marins pêcheurs, quant à eux, craignent qu’un BREXIT dur (« no deal ») menace toute leur filière qui, elle-même, pèse un poids non-négligeable dans l’économie bretonne. Pour rappel, « plus de  140 navires bretons pêchent dans les eaux britanniques,  représentant un effectif d’environ 800 marins […] Les navires bretons, principalement hauturiers, réalisent 50 % de leurs activités dans les eaux sous juridiction britannique ».*

 Plus de  140 navires bretons pêchent dans les eaux britanniques,  représentant un effectif d’environ 800 marins […] Les navires bretons, principalement hauturiers, réalisent 50 % de leurs activités dans les eaux sous juridiction britannique*

Adeline JACOB, Réseau EEN Ouest

Adeline JACOB, Conseillère d’entreprises EEN Réglementation & Normes Européennes nous rappelle qu’il est nécessaire de se préparer au “no deal”, d’adapter sa stratégie et surtout d’inclure les coûts d’un tel scénario dans son business plan. Il est donc nécessaire, selon Madame JACOB, pour toute entreprise de cartographier tous les acteurs britanniques liés à son entreprise, préparer ses stocks et inventaires en conséquence, anticiper les tarifs, règles et procédures douanières ainsi que les règlementations sectorielles (produits certifiés, contrôles sanitaires, etc..) liées au BREXIT. Il est enfin essentiel de garder en tête les incertitudes contractuelles et les impacts sur la propriété intellectuelle qu’engendraient le BREXIT.

Il est enfin essentiel de garder en tête les incertitudes contractuelles et les impacts sur la propriété intellectuelle qu’engendraient le BREXIT

La date du 29 mars approche à grands pas. Il est difficile aujourd’hui de savoir si le BREXIT aura bien lieu à cette date ou en juin prochain comme certains le suggèrent. Néanmoins, Brian MURPHY, Représentant en Bretagne de la  Franco British Chamber of Commerce and Industry, tient à préciser que « les britanniques ont choisi de sortir de l’Union Européenne afin de ne plus dépendre de Bruxelles mais souhaitent continuer à commercer avec l’Union Européenne ». Rappelons-nous d’ailleurs de la visite de Matthew LODGE, Ambassadeur de la Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, en novembre dernier à Saint-Malo (dans le cadre des activités du Franco-British Business Club) qui précisait que « les négociations du BREXIT sont une question de sécurité entre deux peuples (ndlr la France et le Royaume-Uni) parfois en concurrence mais surtout voisins, partenaires et amis. Restons optimistes, ces liens fraternels sont plus importants que la politique».

Les négociations du BREXIT sont une question de sécurité entre deux peuples (ndlr la France et le Royaume-Uni) parfois en concurrence mais surtout voisins, partenaires et amis. Restons optimistes, ces liens fraternels sont plus importants que la politique

Prochains rendez-vous du Franco-British Business Club :

  • Accueil d’une délégation de Jersey sur le territoire brétillien avant l’été 2019
  • Début juillet 2019 : atelier => thématique à définir

*Brexit : les pêcheurs bretons craignent de plus en plus une « catastrophe », Ouest-France du 16/01/2019 : //www.ouest-france.fr/mer/peche/brexit-les-pecheurs-bretons-craignent-de-plus-en-plus-une-catastrophe-6177213

Infos pratiques BREXIT: 

Douanes et droits indirects: Preparing for Brexit – Customs Guidelines ; Information for border users in a « no-deal » Brexit scenario

Newsletter BREXIT publiée par les réseaux EEN, WTC et FBCCI : Newsletter BREXIT #1 : février 2019

Bretagne Commerce International:

 

 

 

brexit@bretagnecommerceinternational.com

 

Un atelier organisé en partenariat avec :
 
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